LES PAPARAZZI EXPOSENT

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Les paparazzi font une entrée triomphale au musée. Plus précisément au Centre Pompidou-Metz, jusqu’au 9 juin, avec une exposition intitulée « Paparazzi ! Photographes, stars et artistes ». Le monde de l’art étend constamment son champ d’analyse à de nouveaux territoires – les images des reporters de guerre, les photos de famille et même la documentation des entreprises.

Il fallait oser accrocher dans un musée les images de ceux qu’on considère souvent comme la lie du photojournalisme, et qui s’appellent entre eux les « rats ». Mais les paparazzis, dans leur ensemble, méritent-ils une telle consécration ?

On l’a mesuré au malaise des médias au moment de « l’affaire » Gayet-Hollande, la photo de célébrités reste une activité sulfureuse. Et c’est le même photographe, Sébastien Valiela, qui avait révélé l’existence de Mazarine Pingeot, dans Paris Match en 1994.

Interrogée sur France Inter, la fille de François Mitterrand voit dans le projet une « mise en échec du geste artistique ».Même aux yeux de ceux qui l’encouragent et la consomment à longueur de journée. C’est-à-dire une grande partie des gens. La moitié des Français a, chaque semaine, un magazine « people » entre ses mains. Mais la photo de célébrités est encore une honte.

Les photographes spécialisés dans ce domaine sont considérés comme la lie de la profession. « Entre nous, on s’appelle les « rats » », indique le paparazzi Pascal Rostain dans le catalogue de l’exposition – celui-ci n’a d’ailleurs pas hésité à coller à la métaphore, faisant littéralement les poubelles des stars pour en publier le contenu.

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Poubelle de Madonna

Ironie, il n’y a pas si loin entre le photographe de guerre, vu comme l’aristocrate du métier, et le traqueur de « people » : nombre de professionnels passent de l’un à l’autre, souvent poussés par la nécessité économique. Ainsi Nick Ut, auteur de l’image de la petite Vietnamienne brûlée au Napalm en 1972, a aussi signé une vue de la starlette Paris Hilton dans une voiture de police en 2007.

IMAGES SULFUREUSES, AUSSI POPULAIRES QUE MÉPRISÉES

Mais n’est-ce pas justement la preuve que ces images sulfureuses, aussi populaires que méprisées, valaient la peine d’être interrogées, analysées, exposées ? En près de 600 œuvres et documents, les trois commissaires, Clément Chéroux, Quentin Bajac et Sam Stourdzé, réussissent un joli coup, posant les bonnes questions sur ce qui est à la fois un phénomène social, historique et esthétique.

La tâche n’était pas facile. Au-delà de l’opprobre général, les commissaires ont dû affronter des difficultés inhabituelles : comment identifier le bon corpus parmi les centaines de milliers d’images disponibles, et, y avoir accès ?

Et surtout, comment monter une exposition valable alors que les images les plus célèbres et les plus chères ne peuvent être montrées sous peine de procès ?

JACKIE ONASSIS NUE PUBLIÉE PAR LE MAGAZINE « HUSTLE »

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En 1971, Jackie Onassis est photographiée nue par Settimio Garritano, pendant des vacances sur l’île privée de son mari, en Grèce.

 

La première bonne idée des commissaires a été d’obliger le spectateur, plutôt habitué à feuilleter ces images chez le coiffeur, à se glisser successivement dans la peau de chacun des protagonistes impliqués : le photographe-chasseur, puis la star traquée.

Avec toujours, en filigrane, l’idée d’un lecteur-voyeur. L’entrée en matière donne le ton, avec une œuvre de l’artiste Malachi Farrell (2000) : à peine avez-vous posé le pied sur le tapis rouge que vous voilà accueilli par une marée d’appareils photo et de micros agressifs, assailli par les flashs et les questions.

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PLANQUES ET COMBINES, DÉGUISEMENTS, TÉLÉOBJECTIFS DÉMESURÉS

Le parcours détaille ensuite les méthodes des paparazzi : planques et combines, déguisements, téléobjectifs démesurés, appareils clandestins.

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Appareil espion, appareil briquet

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Paparazzi en planque 

Mais il explore aussi toute la mythologie entretenue autour de ce drôle de métier depuis que La Dolce Vita, de Federico Fellini, a inventé le mot paparazzi et mis ces photographes sur le devant de la scène.

Mais la partie la plus frappante est sans doute celle consacrée aux victimes préférées des paparazzi, qui dévoile en réalité toute la violence de l’acte. Et son aspect machiste. Les proies les plus célèbres sont exclusivement des femmes, pourchassées presque uniquement par des hommes. Même si les lecteurs de magazines people sont plutôt… des lectrices.

FIGURES DE REFUS, DE COLÈRE, DE PANIQUE OU DE FUITE

Brigitte, Jackie, Liz, Britney, Paris, Diana, Stéphanie, icônes people, ont droit chacune à leur petite alcôve rose, mais l’intérieur n’est pas toujours reluisant : ces tirages parfois pleins de charme n’en présentent pas moins des figures de refus, de colère, de panique ou de fuite.

Avec le temps, on voit la relation de la star aux médias se modifier, autant que le style des images : photo volée et lointaine pour Jackie Kennedy, photo aguicheuse et assumée de Britney Spears, qui sort de sa voiture sans petite culotte.

Reste à savoir si ces images volées, dont la composition et même l’existence sont dictées par des facteurs étrangers à tout dessein artistique (accès, législation, état de la presse…), forment, en soi, une esthétique.

C’est la thèse, plutôt convaincante, de l’exposition, qui aligne toutes les figures imposées ayant abouti à définir un genre : mains qui bouchent l’image, scènes de voiture, flou et grain, obstacles visuels. « Le succès de ces images est du à notre curiosité pour les célébrités, mais aussi à leurs qualités plastiques », assure le commissaire.

L’exposition en quelques images 

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Le 26 novembre 1974, Marlon Brando assiste à un gala de charité à New York, suivi par l’un des pionniers des paparazzis, Ron Galella, qui n’approche plus l’acteur que casqué, après s’être fait casser la mâchoire. Une photo réalisée par Paul Schmulbach.Photo: Ron Galella/WireImage | WireImage / Ron Galella

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En 1952, Greta Garbo est saisie clandestinement au Club Saint-Germain, à Paris, par George Dudognon.

Crédits :Georges Dudognon

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Déjà en 1945, le photographe Weegee immortalisait Henry Rosen et Harvey Stemmer, arrêtés pour avoir soudoyé des joueurs de basket de l’université de Brooklyn, à New York.

Crédits : Getty Images / Weegee(Arthur Fellig)/International Center of Photography/Getty

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Des postures de défense qui inspirent artistes et photographes de mode : Release, 1972, sérigraphie de Richard Hamilton.

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Famous When Dead, 2001, de Christian Lesemann.

Crédits : Christian Lesemann

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En juillet 1976, Jack Nicholson, en vacances à Saint-Tropez, montre ses fesses à Xavier Martin.

 Crédits : Settimio Garritano

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Les photos de paparazzis ont leurs « rituels » : les démonstrations de violence, ci-dessus Mick Jagger lance une tasse sur Pascal Rostain, à Paris, en 1980.

 

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La traditionnelle sortie de voiture est reprise par le photographe de mode William Klein, pour Vogue, en 1962.

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Kate Moss lors de la Fashion Week parisienne, en 1992.

 

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A l’heure des smartphones, M. Tout-le-Monde peut s’improviser paparazzi. C’est ainsi que Britney Spears est photographiée sans culotte par un anonyme, en 2008.

Crédits : FAME PICTURES / BESTIMAGE

Paparazzi ! Photographes, stars et artistesCentre Pompidou-Metz, 1, parvis des Droits-de-l’Homme, Metz. Jusqu’au 9 juin. Du lundi au vendredi de 10 heures à 19 heures, le week-end jusqu’à 18 heures.   Tél. : 03-87-15-39-39. De 7 € à 12 €.

Catalogue Flammarion/Centre Pompidou, 320 p., 45 €.

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2 Comments
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